Patrick Vrins, coiffeur : “Le monde de la mode m’a toujours nourri”
Rencontre avec Patrick Vrins, artiste et artisan coiffeur dans l’événementiel depuis plus de 45 ans.
Patrick Vrins, artiste et artisan coiffeur dans l’événementiel, a plus de 45 ans de métier. Durant sa carrière, il a tout fait, ou presque.
A tel point que ce coiffeur de formation est devenu formateur de coiffeurs. Patrick Vrins a également été élu vice-champion de Belgique du concours national de coiffure ainsi que meilleur artisan de Belgique.
Chez Kasting Kafé, nous avons donc décidé de faire appel à lui pour coiffer notre mannequin durant son shooting.
“Je voulais en être car c’est un projet novateur”, nous a expliqué cette figure incontournable de la coiffure.
Comment es-tu entré dans le monde de la coiffure ?
Par hasard (rires).
J’ai donné des coups de balai chez mon propre coiffeur à l’âge de 12 ans. Quand je ne jouais pas au basket, j’allais lui donner un coup de main le mercredi après-midi et le samedi. J’y ai pris goût.
Ce qui m’a plu, c’est que c’était un métier où on ne se salissait pas vraiment les mains.
Et puis, tout s’est enchaîné.
Après 6 mois de métier, j’ai passé un concours provincial de coiffure où j’ai été classé. J’ai ensuite vu un podium de coiffure et je me suis dit qu’un jour, moi, Patrick Vrins, je serais à la place de l’homme qui coiffe. Quelques années plus tard, je montais mes propres podiums pour me lancer commercialement.
Durant toutes ces années, tu as sans doute dû coiffer bon nombre de stars…
Effectivement, j’ai coiffé beaucoup de stars belges et françaises mais je ne me suis jamais servi de leur notoriété pour réussir.
J’ai fait des photos avec elles mais elles n’ont jamais été diffusées. Ces gens m’ont permis de partager des moments avec eux. Parfois, ils se sont même confiés à moi mais je n’en ai jamais parlé. C’est pour cela que je suis encore là des années plus tard.
Quelle relation as-tu avec les gens que tu coiffes ?
Le maquillage et la coiffure sont des domaines particuliers où on touche le corps des gens. Un client acceptera qu’un coiffeur mette sa main dans ses cheveux alors, qu’en rue, jamais un tel comportement ne serait acceptable.
La coiffure est donc quelque chose d’intime. Il est très important qu’un coiffeur soit prêt à écouter son ou sa cliente.
Si la personne qui vient me voir alors qu’il a eu une mauvaise expérience avec un coiffeur, je me dois de l’écouter et de la rassurer. Mon but est que sa coiffure soit à la hauteur de ses attentes.
Les coiffeurs travaillent dans des salons, mais pas que…
Il y a énormément de coiffeurs qui travaillent dans des salons en Belgique. Mais il faut se rendre compte que derrière chaque image qu’on peut regarder dans la rue, à la télé ou dans les magazines, il y a forcément un coiffeur.
Qu’il s’agisse d’une publicité pour du saucisson ou d’une campagne pour une marque de luxe, il y a toute une équipe qui bosse en accord avec le photographe.
En quoi le coiffeur est-il important dans un shooting?
Nous sommes bien évidemment là pour coiffer le modèle et, ensuite, pour assurer les retouches. Si on se rend compte qu’une mèche ne se met pas bien, on intervient aussitôt pour la remettre en place. Il serait très facile de la gommer au moyen d’un logiciel de retouche mais tout ce qui est fait en amont n’est plus à faire.
Selon le contexte, la manière de coiffer est-elle différente ?
Il ne faut pas être attentif aux mêmes choses. Quand on coiffe un mannequin qui défile sur un podium, on sait que la coiffure devra être très visuelle étant donné que, dans le meilleur des cas, les spectateurs sont assis à 6 mètres. Au cinéma, on doit surtout veiller aux raccords.
Il faut aussi regarder attentivement comment l’acteur ou l’actrice était coiffé(e) pour reproduire sa mise en forme à l’identique. S’ils ont 15 coiffures différentes par scène, cela ne va pas !
En télé, on est responsable de l’image de la star qui est présente en plateau. Il faut faire attention au look qu’il ou elle avait durant sa promo pour garder une continuité. Tout cela ne s’apprend pas à l’école mais avec l’expérience.
Justement, toi, Patrick Vrins, que conseillerais-tu à un débutant qui souhaite travailler ailleurs que dans des salons ?
Il faut être disponible.
Quand on voit une annonce, il faut se présenter, écouter les conseils et travailler dur. Il faut en tout cas toujours essayer. Vous allez peut-être commencer comme stagiaire, deuxième ou troisième coiffeur mais, au fil du temps, vous allez vous faire des contacts et vous serez remarqué. J’ai moi-même commencé comme ça.
La coiffure, ce n’est pas de tout repos.
Quand j’ai participé aux awards de la coiffure, le jugement sur une photo d’une coiffure que j’avais réalisée.
C’était une simple photo mais il y avait des mois de travail derrière, de la conception à la réalisation. Je aussi suis allé sur certains événements où j’ai dû réaliser des coiffures à la chaîne.
Aux Feux de Laeken de l’année dernière, j’ai coiffé 180 personnes en 3-4 heures, ce qui représente 1 minute 30 par personne.
Quel est le projet le plus dingue auquel Patrick Vrins a partcipé ?
Durant ma carrière, j’ai fait beaucoup de choses. J’espère que la chose la plus dingue sera la prochaine. Je suis toujours à la recherche de nouvelles expériences. Il y a un an, j’ai reçu un appel pour coiffer madame Tramasure, la femme du célèbre géant de Lessines. Cela m’a pris 10 heures !
Pendant son baptême, Jean-Claude Drouot (ndlr : Thierry La Fronde) était présent. J’ai été très ému de voir l’homme que je regardais à la télé étant enfant.
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crédit photo : Laurent Nizette